Ressources naturelles

Compte rendu de l’atelier ressources naturelles

EUCOCO – 10/11 décembre 2021 – Las Palmas de Gran Canaria

Contexte :

La décision rendue par le Tribunal de Justice de l’Union Européenne le 29 septembre dernier constitue une victoire retentissante pour le Front Polisario et le peuple Sahraoui qu’il représente. Elle annule des accords de pêche et de commerce agricole entre l’Union Européenne et la Maroc qui couvrent de manière illégale le territoire du Sahara occidental. Le juge européen a été claire sur plusieurs points. Le Front Polisario a été reconnu comme étant recevable devant le tribunal, en tant que le seul représentant du peuple, et dans tous les aspects du droit à l’auto-détermination. C’est son consentement, et seulement le sien qui doit être collecté afin de mettre en œuvre n’importe quel accord couvrant les ressources naturelles quelles qu’elles soient. Cette victoire doit maintenant retentir à travers toute l’Europe ; les citoyens, les entreprises, les syndicats, les juristes mais aussi les décideurs politiques. Le contexte actuel est unique : le territoire du Sahara occidental est en guerre et le pillage de ses ressources naturelles et minérales ne fait qu’empirer cette situation, l’éloignant encore plus de la perspective d’une paix que le peuple Sahraoui attend depuis bien trop longtemps.

Points discutés :

Les ressources naturelles pillées au Sahara occidental incluent notamment les produits agricoles et de la pêche ayant fait l’objet des recours devant le Juge Européen, mais également du phosphate, et du sable notamment. Cette exploitation sert également les intérêts économiques de la puissance occupante dans le domaine touristique, masquant ainsi aux yeux des citoyens européens les violations au droit de leurs propres institutions.

L’impact écologique et environnemental de ce pillage est également considérable. Lorsque, sous couvert de promouvoir une politique verte autour d’énergies renouvelables et soucieuse de l’environnement, le royaume du Maroc s’est lancé à la quête de partenariat dans ce domaine en ignorant complètement le droit en la matière.

Il est important pour les différentes organisations basées en Europe de se mobiliser de façon coordonnée. Pour cela, elles doivent tenir compte et soutenir le travail de sensibilisation effectué par la société civile sahraouie. La campagne « Western Sahara is not for sale » doit être connue de tous et un/une représentant(e) sera invité(e) à prendre part aux réunions du groupe de travail créé à la suite de cet atelier. De la même manière, il a été souligné que l’expérience de travail de coordination que permet l’EUCOCO doit donner l’élan à une coordination similaire en Amérique de sud et aux Caraibes.

Afin, il sera également important de donner vie aux décisions qui seront prises, et toute organisation ou personne qui communiquera ses coordonnées devra s’engager pleinement dans le suivi jusqu’au prochain EUCOCO.

Recommandations :

Au Front Polisario :

  • Élargir le nombre d’entreprises intéressées à participer de manière responsable au futur développement du Sahara, en créant un fonds d’entreprises engagées dans cet objectif à travers une déclaration d’intention ;

  • S’informer sur la possibilité d’un recours pour faire valoir la responsabilité patrimoniale de l’EU et réparer les dommages causés au peuple sahraoui ;

  • Renforcer la participation du Front Polisario aux conférences internationales sur le climat, ainsi que d’autres organismes qui régulent les ressources naturelles (ICAT) afin de faire valoir la responsabilité sociétale des entreprises, notamment en ce qui concerne le pillage des ressources naturelles ;

  • Proposer la création d’une journée de solidarité avec le peuple Sahraoui durant laquelle les mouvements de solidarité pourront mener des actions et de sensibilisations auprès des citoyens européens sur le sujet des ressources naturelles et bien d’autres, comme le sort de Sultana Khaya ;

Aux mouvements de solidarité européen :

  • Préparer le travail judiciaire au niveau national dans la perspective d’une confirmation en dernière instance par la Cour de Justice de l’UE de l’annulation totale des accords litigieux. À noter que toute initiative de recours judiciaire devra recevoir l’approbation du Front Polisario ;

  • Prendre connaissance du travail de recherche mené par WSRW et transmettre les informations à leurs membres dès lors qu’elles ne sont pas connues de tous. Les branches WSRW France et WSRW Allemagne pourront recevoir les données collectées directement par les organisations basées dans ces deux pays. Ce dans le but de disposer d’une plateforme d’information la plus complète possible ;

  • Favoriser la coordination des actions de sensibilisation et de dénonciation à l’initiative Western Sahara Is Not For Sale, qui représente la société civile sahraouie ; et partager les coordonnées avec ce groupe afin de faire partie de leur liste de diffusion ;

  • Aider dans la détection des entreprises disposées à faire partie du fond d’entreprises engagées ;

  • Axer les campagnes de sensibilisation et d’information sur l’importance de la consommation responsable, éthique, et soucieuse de l’environnement et l’impact écologique.

Au groupe de suivi sur les ressources naturelles :

  • Se réunir régulièrement, tous les 3 mois, afin d’alerter les autres membres des actions menées au niveau national ainsi que de potentiels nouveaux risques à venir ;

  • Désigner un coordinateur qui sera en charge d’entretenir un lien formel avec la sous-task force de l’EUCOCO en charge des questions relatives aux ressources naturelles ;

  • Coordonner la prise de contact avec les associations de consommation à travers l’Europe afin de relayer auprès des citoyens européens l’importance de l’illégalité de la mise sur le marché des produits en provenance du Sahara occidental ;

  • Préparer un rapport sur les activités menées lors de l’année à venir afin de préparer l’atelier sur les ressources naturelles lors de la prochaine édition de l’EUCOCO.


Au-delà des considérations historiques ou des intérêts géostratégiques, le colonialisme a eu et a sa raison ultime dans l’avantage que procure l’aliénation des biens et des ressources naturelles d’autrui.

 Dans le cas du Sahara occidental, pendant près de 140 ans d’occupation étrangère, des entreprises publiques et privées de tous les continents, mais principalement espagnoles et marocaines, ont pillé les eaux, le ciel, la terre, le sous-sol, la flore et la faune sahraouies au profit de puissantes transnationales.

Depuis le début de l’occupation, le peuple sahraoui a lutté dans toutes sortes de contextes pour mettre fin à cette pratique qui conditionne sa vie et son avenir. Sur le plan juridique, les arrêts de la Cour de justice européenne ont montré clairement que ce pillage est non seulement illégal, mais aussi illégal. 

Cependant, de nombreux gouvernements et certaines institutions européennes misent sur le contournement des lois et le maintien de leurs politiques coloniales. Le cas de l’État espagnol, qui, loin de protéger les biens du peuple sahraoui, comme il en a le droit en tant que puissance administrante, ne respecte pas les lois internationales et propres à rester le principal bénéficiaire de ce pillage, est particulièrement saillant.

Ce groupe de travail recherchera le consensus et les synergies nécessaires entre différentes personnes et collectifs solidaires pour mettre fin à cette barbarie.

 Comment pouvons-nous obliger les entreprises qui profitent du pillage à mettre un terme à cette pratique illégale et illégitime ?

 Pouvons-nous évaluer le préjudice économique, social et moral infligé au peuple sahraoui par la spoliation de ses biens et engager une réclamation contre les états et les entreprises impliqués?

 Comment impliquer les partis, les syndicats et les autres partenaires sociaux pour faire en sorte que le nouveau gouvernement espagnol respecte et fasse respecter les arrêts de la Cour européenne de justice?

Pouvons-nous mettre en place une action commune vis-à-vis des institutions européennes pour mettre un terme au pillage des biens sahraouis?

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